La jungle en soi fermente
Féroce, magnifique, humide
Croît et meurt en accéléré
La hyène y côtoie le crocodile
Et le nénuphar
La giraffe, de loin, observe
Les ébats amoureux des autruches
Alors que la lionne met bat
Cinq petits déjà actifs
Les odeurs d’un feu de bois
Et de pain qui cuit
Les laisse quasi indifférents
Les humains sont en train de souper
IIs ne viendront pas nous chasser…
Pour le moment
Des idées féroces galoppent entre
les deux oreilles
Des sourires magnifiques
Au fond des yeux aux longs cils,
humides
Naissent, créent le ciel ou l’enfer
Et disparaissent
Laissant des marques de crocs acérés
Ou des fleurs en devenir
Dans l’esprit insouciant
Un copieur au long cou, rangée 4,
Il observe, songeur,
Sa soeur bécoter son chum en
cachette
Pendant qu’un devoir, ailleurs,
prend forme
Cinq paragraphes bien alignées,
100,000 cellules qui se reproduisent
Puis une liste d’épicerie et une
soirée de danse
Tout ça est en moi
Comme la maladie, la beauté, la
transcendance
Les colères réprimées ou exprimées
Les caresses reçues et données
Tout ça est en moi, comme je suis en
toi
Comme nous sommes en Elle
Celle qui nous porte aux portes du
ciel
Si on veut bien s’y rendre.
