lundi 22 juin 2015

FERMENTATION


La jungle en soi fermente
Féroce, magnifique, humide
Croît et meurt en accéléré
La hyène y côtoie le crocodile
Et le nénuphar
La giraffe, de loin, observe
Les ébats amoureux des autruches
Alors que la lionne met bat
Cinq petits déjà actifs

Les odeurs d’un feu de bois
Et de pain qui cuit
Les laisse quasi indifférents
Les humains sont en train de souper
IIs ne viendront pas nous chasser…
Pour le moment

Des idées féroces galoppent entre les deux oreilles
Des sourires magnifiques
Au fond des yeux aux longs cils, humides
Naissent, créent le ciel ou l’enfer
Et disparaissent
Laissant des marques de crocs acérés
Ou des fleurs en devenir
Dans l’esprit insouciant
Un copieur au long cou, rangée 4,
Il observe, songeur,
Sa soeur bécoter son chum en cachette
Pendant qu’un devoir, ailleurs, prend forme
Cinq paragraphes bien alignées,
100,000 cellules qui se reproduisent
Puis une liste d’épicerie et une soirée de danse

Tout ça est en moi
Comme la maladie, la beauté, la transcendance
Les colères réprimées ou exprimées
Les caresses reçues et données
Tout ça est en moi, comme je suis en toi
Comme nous sommes en Elle
Celle qui nous porte aux portes du ciel

Si on veut bien s’y rendre.

mercredi 8 avril 2015

VOYAGE DE RETOUR

Écoute avec les ailes de ton coeur
Écoute au dehors de la douleur
Sens l'écoulement des émotions
Qui s'évaporent, l'amour reste
En surface comme en profondeur
Ne résiste pas aux vents de folie
Laisse-les passer sans t'y attacher
Rappelle vers toi les morceaux
De ton âme éparpillée
Ils sont fatigués de l'exil
Ressens leur pulsation
Avec la vibration de ton intention
Ils entendraient la gravité
Du pôle qui les attire
Pas de geste, une simple intention
L'accueil
Le retour
Remercie-les d'avoir entrepris le voyage.


MOVEMENT

Inside and out
Things move, rush, flow
Walk and fly
Space, however, does nothing
But it contains and is contained
Surfaces touch
Friction, bouncing, rolling
Creating light, creating sparks
I hear footsteps and see
A man's feet
Clad in brown office shoes
He feels my presence
Enjoys the mystery, doesn't ask who I am
I know who he is
But don't remember his name
We have dreamed of each other
Will we cross the veil
And enter that mystery
To show one another
The love we need to be?

CROWNS

Do not judge how bright you shine
By the emotions and judgments of others
(Nor by yours for that matter)
You were supported
You were fine
Move on to the place
Where you belong
Enter your center

They were a mirror of your mind
But they received your heart's light
They recognized its purity
Let them grow
They are perfect
Jewels on your crown
As you are my jewel, my passion
The ruby, my hearing

They hear our call
To wake up their remembering
Give them time to be free
They will come back
Their own crown emitting a signal
Clear over the ocean of their thoughts

ADOS

Sans eux, sans elles, rien n'est possible
Tous cherchent l'amour
Veulent l'harmonie
Un contexte stimulant
Où étendre leurs ailes
Grandir en sachant qu'ils ont un avenir doré
Croire en tous les possibles
Et elles en sont capables
Ils veulent trouver leur créneau
Mais ne pas s'y limiter
Elles sont fatiguées, vivent des frustrations
De grandes anxiétés
Elles sont de leur temps
Équipées pour y vivre
Chacune, chacun avec des défis à sa mesure
Elles sont aimées et soutenues
Le monde leur appartient
Ils sont tous responsables avec nous
Qui cheminons avec eux
Leur joie, leur enthousiasme contagieux
Je les en remercie
Ainsi que tous ceux et celles
Qui les ont aidés
À se rendre jusqu'ici, maintenant

Après un atelier à Rencontres du Canada, 2013

PLANTER DES RÊVES

Les grandes crues sont passées
Elles ont tout nettoyé
Rapidement, sans hésiter
Il me rester à planter
Des racines quelque part
Où je n'aurai pas peur
Du soleil qui fait pousser
De la pluie qui fait germer
Les rêves de mon enfance
Auxquels je n'ai pas cru
Mais que je n'ai jamais
Totalement oubliés

ELLE A OUVERT LES YEUX

La Belle au bois dormant
Ne dort plus
Elle a ouvert les yeux
Sur la jalousie qui l'étouffait
Réveil douloureux sur cette colère
Cette impuissance inutile
Partir, s'évader ne blesse que soi-même
Affadis la source de vie
Quel pouvoir que de l'affronter
Sans la juger
Compassion sans pitié
Retour à une vie où l'air
Est plus facile à respirer
La vérité toute crue
N'est pas laide
Elle permet de libérer la souffrance

Pardonne-moi, pardonne-moi
J'étais ignorante
Maintenant je me vois
Et je n'ai plus envie de m'évader
La honte s'est évaporée, a
mnistiée
Pour faire place à une nouvelle saison.

LAVENDER



No longer a baby
But a powerful 
Mother of time
Fit for life
Competent and bright
Doubt not
Fear not
Give, fight
Maximize 
My lavender power

dimanche 5 avril 2015

TOUTES LES FORCES OCCULTES NE SONT PAS NOIRES

Toutes les forces occultes ne sont pas noires
Mais celles qui le sont profitent de l’ombre
Pour cultiver la méfiance, le doute, la peur
Pour manipuler les faibles, les crédules, 
Les mal-aimés et les malades de l'âme
Qui veulent devenir des héros

jeudi 2 avril 2015

NOBLE AND IGNOBLE

I love words, synonyms and antonyms
As if they have taste and texture
For the first time, I found in a book
Noble and ignoble side by side
And realized the beauty of their symmetry

Placed in a neutral context
Both sounded noble
Because ignoble seems so much more elegant
Than disgusting, sordid or shameful
It sounds like it's uttered by
A mouth graced with culture
Although the venom of disdain 
And superiority flows as generously
But really, is the deed any different
And is the judge for that matter?

Words in the end just have the meaning
We give them, but they do qualify us
There is freedom
In re-assessing our definitions
And creating a new dictionary
That fit a renewed, expanded sense of "I"
That expand the perceptions of that very "me"



mardi 31 mars 2015

PAPILLON NOIR

Papillon noir
Je t'avais mésestimé
Discret de nature
Tu as fait ton travail
Dans l'ombre du feu

Je te remercie de ton aide
Aujourd'hui, je t'ai rendu la liberté
Avec le petit melon amer
De répondre à l'appel de son père

Ta dentelle sculptée, magnifique
Sera rarement admirée des mortels
Mais tant d'autres
Verront ta grâce, en profiteront
Et te chériront

Kannur, Inde, mars 2015

mardi 24 mars 2015

LÀ OÙ TU TROUVES TOUTE TA PUISSANCE

Retour au soleil
Retour au grand jour
Des femmes de la Terre

Retour au pouvoir féminin
À la surface de nos consciences
Retour de la force vive
Celle qui nous donne la parole
Le pleine possession de nos moyens
La puissance et la grâce

Le retour à l’équilibre
Se fait de jour en jour
C’est là ma responsabilité
Nettoyer, rêver, purifier, écrire
Pour que les toutes femmes vivent
Elles aussi, librement

Jeûner fait partie du processus
La faim t’accompagne
Te montre le chemin
T’appelle à l’amour
Celui qui guérit, crée, donne naissance

N’hésite pas à donner
L’amour qui t’abrite,
Que tu abrites parce que tu es toi
Jeune ou vieille, heureuse ou fâchée
Tout est transparence
C’est l’ordre des choses
L’ordre de la vie que tu as choisie.

C’est toi-même que tu dois remercier
Dans le silence de ton coeur
Là où tu trouves toute ta puissance

Remercie aussi les ondes de la mer
Qui t’ont convaincue
De te lever debout, de lever le poing
Ni heureuse, ni fâchée
Simplement pour proclamer

Ton appartenance à la vie au soleil.

dimanche 22 février 2015

MOON AND DUNES

Hi up in the sky
The moon shines on the dunes
Even when the sun is master up there
With flower petals like rain
She showers her wise love-knowledge.

mardi 27 janvier 2015

HISTOIRE IRRÉELLE D'UNE JEUNE CRÉATURE JAUNE AU TEINT ROSE


Sa mère lui avait dit de faire attention au soleil de minuit
Mais comme Arista avait un devoir sur les aurores boréals
Elle se dit que nager jusqu’au point le plus au nord de l’île
Serait un jeu d’enfant.

Le voyage durerait bien au moins deux jours
Avait évalué Ofynx l’Ancien.
En peu de temps elle avait bien rempli son estomac et sa bosse dorsale,
Vérifié les signaux de repérage avec tous les membres de sa famille,
Embrassé tout le monde et mis le cap au Nord.

Le vent et la marée aidant
Elle arriva à la pointe de l’île en temps prévu.
Une surprise l’attendait.
Un marsoin lui dit qu’elle était arrivée trop tard pour les aurores boréales,
La saison était maintenant celle du soleil de minuit.

Comment avait-elle pû faire cette erreur de calcul?
De même que l’Ancien, son professeur de géographie.
La tortue curieuse qui avait entendu la conversation
Lui demanda quand était la dernière fois
Que l’Ancien avait fait le voyage jusqu’ici.

Il me semble bien qu’il a dit autour de 425 ans,
Mais parfois sa mémoire vacille, 
Peut-être 500 avait-il ajouté.
Ahh, ça explique tout déclara la tortue.
Il y a 250 ans, un grand nuage a envahi la côte
Et du jour au lendemain les saisons se sont renversées
Heureusement que les récoltes avaient été bonnes cette année-là
Car durant la saison du Soleil de minuit
Personne ne travaille; chacune danse et chante
Pour encourager la Terre durant son accouchement.

La mère de la jeune fille avait bien mentionné un soleil de minuit
Mais rien à propos des grossesses de la Terre.
La sage Tortue, patiente comme toujours, lui expliqua
Que le soleil de minuit avait le rôle d’ensemencer la Terre
De ses puissants rayons et que cette saison ne dure
Que trois jours et trois nuits.
En fait, pendant 72 heures, le soleille brille pendant la nuit.
Et l’année suivante, à la même saison,
 La Terre donnera naissance à nouveau.

Comme la jeune fille aime danser, chanter
Et qu’elle vénère la Mère Terre comme tous les membres de son clan
Elle demande à la tortue de lui enseigner
Les pas de la danse et les chants sacrés.
Je vais plutôt te présenter aux Maîtres de la danse et du chant
Tu apprendras bien plus vite
Et tu pourras te joindre à nos farandoles dès ce soir
C’est à dire à 20h, près du Grand Rocher Doré sur la plage là-bas.
Qu’elle chance que tu arrives maintenant
Quelques heures plus tard et nous n’aurions pû t’inviter.

Aussitôt dit, aussitôt fait
La jeune fille prend les leçons de danse et de chant
Comme elle est enthousiaste et apprend vite
On lui assigne un partenaire expérimenté, Jean,
Un beau grand gaillard avenant au regard clair
Qui l’amène au près du grand feu communautaire
Où un succulent repas les attendait.
Il faut bien faire connaissance
Et prendre des forces, les danses et les chants
Ne cesserant que 72 heures plus tard.

Tu es vraiment arrivée juste à temps lui dit Jean.
Aucune partenaire ne m’avait encore été assignée
Et je n’aurais pas pu danser et chanter cette année.
Grâce à toi, je pourrai à nouveau donner ma vibration à la Terre
Comme tu pourras ajouter la tienne. Elle adore les nouveautés.

Toute cette aventure était bien palpitante
Pour Arista qui ne connaissance que les cérémonies à la lune.
Pour une fois dans sa courte vie, elle écoutait sans poser de question
Ayant l’impression qu’en poser
Pourrait briser quelque chose de précieux,
Le silence et la paix intérieure qui maintenant l’habitaient.

Puis elle pris conscience d’un grand silence autour d’elle
Si profond qu’elle entendit monter une pulsation
Du centre de la Terre, sa première contraction.

À l’unisson, tous les membres de la communauté
Se levère et s’acheminèrent vers le Grand Rocher
En couples, à la file indienne, comme on le lui avait annoncé.
Durant la courte marche, tous les pas s’harmonisèrent
Créant le son d’un doux glissement dans le sable


Les Anciens menaient la marche, suivis des enfants
Des adolescents et des adultes.
Même certains malades avaient laissé leur lit
Pour être portés par leur partenaire
Conscients que leur effort contribuerait à la délivrance.

Le silence étant propice à l’écoute
Arista sentit que son corps cherchait une note,
Ahh, celle de Jean
Un clic se fit, Jean ayant reconnu la sienne
Leurs pas se firent encore plus caressants sur le sol,
Plus légers aussi, mais un peu plus rapides.
La danse avait commencé.
Les respirations de la communauté s’élevèrent
Pour créer un rhythme qui suivait celui
Des contractions et des moments de répit de la Mère.

Et les heures filèrent, à la fois doucement et rapidement
Puis une onde de joie et d’amour jaillit du Grand Rocher
Comme un deuxième soleil innondant toute la plage
Et chacun, avec révérence, mit les genoux par terre
Pour caresser le ventre de la terre
Chantant chacun doucement un son unique
Qui allaient se tresser en une symphonie,
Comme un crystal liquide
Visible à ceux et celles qui peuvent voir dans l’invisible.

La terre s’ouvrit sous le rocher, mais celui-ci demeura suspendu
Flottant au-dessus de l’ouverture
D’où sortit un faisceau de lumière rose parfumée
Chaque couple de danseur s’avança dans le rayon.

Une fois son tour venu avec Jean, Arista sentit
Chaque cellule de son corps purifié
Imprégné d’amour
Comme elle n’avait jamais senti 
Même dans les bras de sa mère.
Puis chaque couple, se relevant, tendirent les mains, paumes ouvertes vers le Grand Rocher
Lui reflétant un peu de la lumière reçue
Puis en une mêlée joyeuse,
Reflétèrent la même chose
À chaque autre couple présent,
Jusqu’au dernier.

Le premier couple d’Anciens, se joignant les mains,
Donna ensuite le signal du Regard des générations
Chaque couple fit de même.
Jean et Arista se donnèrent les mains
Et plongèrent leur regard dans les yeux l’un de l’autre.
Dieux du ciel! Jean! Ta peau est maintenant toute rose!
Jean surpris, lui dit, mais toi aussi! C’est normal,
C’est le résultat du Regard des générations.
Pendant un mois, notre peau restera rose,
Puis le mois prochain, elle prendra une nouvelle couleur
Et chaque mois pendant douze mois, tu retrouveras
La couleur de chacune des tribu de l’Arc-en-ciel.
Maintenant, regarde, la Terre s’est refermée
Le Grand Rocher Doré est maintenant rose
Et bien ancré à nouveau dans le sable.
Lui aussi changera de couleur à chaque mois.

Éblouie, Arista regarda autour d’elle
Constatant que tous avaient maintenant la peau rose.
Cette fois, les enfants avaient pris les devants
Chacun offrant un présent à la Nouvelle Mère
Puis à son ou sa partenaire
Certains des fleurs, d’autres de l’huile, des herbes médicinales,
Des larmes, quelques cheveux argentés, tous uniques, tous généreux.

Arista écrivit avec respect un court poème
Dans le sable:
Mère Terre de tous les mystères, je jugeais le jaune et le rose. Je rêvais de couleurs que je ne connaissais pas. Aujourd’hui, je te remercie pour toutes les couleurs qui sont en moi, qui sont en toi, qui sont en eux et en elles, en nous tous à la fois. Je fais acte de foi: tu es la Mère de toutes les Mères. Et tu es en moi comme je suis en toi, unies par le rose, le soleil de minuit et l’amour du Grand Rocher.
Quelques jours plus tard, ayant refait provision
Arista fit le tour de chaque habitation pour remercier ses hôtes
Et faire un câlin à Jean, aux Maîtres de la danse et du chant
À la tortue et aux marsoins
Puis après un dernier regard au Grand Rocher
Elle plongea dans la mer, prenant le chemin du retour.

À mesure qu’elle approchait de chez elle,
Elle ralentissait un peu, craignant les reproches de sa mère
Et de n’être pas reconnue des siens.
Des enfants sur la plage se mirent à crier et trépigner en la voyant
Sauf une enfant bleue, calme, qui la regardait en souriant.
Elle vint vers Arista et lui pris la main.

Sa mère et Orynx venaient aussi à sa rencontre, les bras ouverts.
Chérie, quel bonheur de voir que tu as choisi d’absorber le rayon rose.
En disant cela, sa mère, Oryx et l’enfant bleue changèrent de couleur!
Mais vous êtes rose aussi! Pourquoi ne pas me l’avoir dit?
Pour ne pas influencer tes choix.
D’ailleurs, tu ne nous voyais qu’en jaune
Simplement parce que ta vision était limitée
Tu verras que bien d’autres
Ne verrons que ta peau jaune
Que jusqu’à ce qu’ils arrivent au bon moment,
À la saison du soleil de minuit.
Comme toi il n’y a pas longtemps,
Ils jugent le jaune et le rose
Mais rêvent de couleurs qu’ils pensent ne pas connaître.

En riant, Onyx ajouta:
Certains te demandront même
De leur enseigner la géographie et
Comment trouver les aurores boréales.

27 janvier 2015